L’histoire récente de la Guinée est marquée par des évènements parfois très douloureux dont les plus marquants se sont déroulés le lundi 22 janvier 2007 et le lundi 28 septembre 2009.
Revenons un peu sur l’historique des évènements de janvier et février 2007 qui ont marqué la fin de règne du régime de ‘’Fory Coco’’.
Le 10 janvier 2007 les puissantes centrales syndicales CNTG et USTG soutenus par la société civile et l’opposition politique d’alors à sa tête Alpha Condé, Jean Marie Doré et Sidya Touré déclenchent une grève générale illimitée. Très vite les émeutes et les contestations politico-sociales gagnent du terrain et paralysent tout le pays.
A Conakry, les symboles du régime sont attaqués et les biens privés de ses dignitaires saccagés. En province, les représentants de l’Etat, Gouverneurs, Préfets et sous préfets chassés. Ce jour là le pouvoir avait vacillé.
Après plusieurs jours de manifestations face à un pouvoir de plus en plus arrogant et autoritaire, la contestation prend une autre dimension: l’insurrection populaire et le lundi 22 janvier 2007, le Général Conté est sauvé de justesse par l’armée au pont du 8 novembre où des centaines de milliers de personnes ont convergé pour prendre d’assaut le Palais à Kaloum. Avec le mot d’ordre CHANGEMENT, Le pouvoir avait tremblé au point que le vieux Général décréta « l’état de siège » la nuit du 22 janvier afin de contenir la contestation.
A l’analyse de la situation actuelle, il y a une multitude de similitude entre les faits et les actes posés par le pouvoir actuel et celui de 2007.
Il faut rappeler que la grève de 2007 n’était que la conséquence de la violente répression de juin de 2006 de la grève des enseignants. A l’époque le gouvernement avait traité la crise de la même façon que ce qu’on est entrain de voir actuellement: discours arrogants, menace, gèle des salaires, etc.
Les mêmes fautes sont entrain d’êtres répétées.
La mise en exécutions de la menace du gouvernement de geler les salaires des enseignants grévistes à la fin de ce mois ne fera qu’empirer les choses. Il ne faut pas voir en l’attitude actuelle du pouvoir comme une forme d’affirmation de son autorité, mais il faut plutôt comprendre en cette agressivité un signe de faiblesse. Un pouvoir qui s’affaiblit devient le plus souvent agressif et autoritaire.
Pour ce lundi 29 octobre les rapports de force vont établir l’issue des différentes crises.
Au vu de l’évolution des évènements marqués par le retour de l’opposition dans la rue et les frustrations nées de l’installation des conseils communaux. Tout porte à croire que contrairement aux apparences ce pouvoir est aux abois et n’aurait pas le contrôle de la situation. La panique qui a lieu dans la capitale à Conakry le jeudi 25 octobre dernier, suite à la rumeur faisant échos d’une attaque rebelle à Wonkifong est un exemple palpable. Le centre ville Kaloum est vite bouclé par le fait d’une simple rumeur. Un pouvoir serein ne réagirait pas ainsi.
Les évènements de ce lundi 29 octobre seront décisifs pour la suite aux différentes crises, car opposants et syndicalistes ont compris que seule la pression de la rue pourrait faire plier ce gouvernement et comptent donc y recourir.
Sans paraitre pessimiste, je reste persuadé que la raison va prévaloir sur les égos, et que nos forces de l’ordre pour une fois feront preuve de retenue.
Ousmane MORIAH KABA
Jeune Républicain


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